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Le SYSCOHADA expliqué simplement.

Un sigle qu’on croise partout dès qu’on tient une comptabilité en Afrique francophone — mais que peu de gérants de PME prennent le temps de vraiment comprendre.

Qu’est-ce que l’OHADA ?

L’OHADA — Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires — regroupe 17 États d’Afrique de l’Ouest et du Centre autour d’un même corps de règles juridiques et comptables. L’idée fondatrice, née en 1993 à Port-Louis, est simple : une entreprise, un investisseur ou une banque doit pouvoir lire un bilan de la même façon qu’il vienne d’Abidjan, de Dakar, de Douala ou de Libreville.

Avant l’OHADA, chaque pays avait son propre plan comptable, souvent hérité de l’époque coloniale et peu adapté aux réalités locales. L’harmonisation a remplacé cette mosaïque par un référentiel commun, directement applicable dans les 17 États membres.

Le SYSCOHADA, le volet comptable de l’OHADA

Le Système Comptable OHADA (SYSCOHADA) est l’acte uniforme qui fixe les règles de tenue des comptes, de présentation des états financiers et d’évaluation du patrimoine pour toutes les entreprises de l’espace OHADA. Sa première version date de 2001 ; une révision en profondeur, le SYSCOHADA révisé, est entrée en vigueur en 2018 pour les comptes individuels et en 2019 pour les comptes consolidés, afin de se rapprocher des normes internationales IFRS tout en restant adaptée aux PME.

Concrètement, le SYSCOHADA impose à chaque entreprise, quelle que soit sa taille, un plan de comptes commun, une méthode de tenue des écritures en partie double, et un jeu d’états financiers normalisés à produire à la clôture de l’exercice.

Trois systèmes selon la taille de l’entreprise

Le SYSCOHADA ne demande pas le même niveau de détail à une grande société et à une petite entreprise individuelle. Il prévoit trois systèmes de présentation :

SystèmePour quiÉtats produits
Système Normal Entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse le seuil fixé par l’acte uniforme Bilan, compte de résultat, tableau des flux de trésorerie, notes annexes complètes
Système Allégé Petites et moyennes entreprises sous ce seuil Bilan, compte de résultat et notes annexes simplifiés
Système Minimal de Trésorerie (SMT) Très petites entreprises et activités informelles en voie de formalisation Suivi simplifié des recettes et dépenses

Les seuils exacts et leur application varient selon les textes en vigueur dans chaque pays membre : ils ne sont pas rappelés ici en valeur, car ils évoluent et se vérifient auprès d’un professionnel ou de l’administration fiscale locale.

Pourquoi ça compte pour une PME

  • Un bilan au format SYSCOHADA est lisible par n’importe quelle banque ou tout investisseur de la zone, ce qui facilite l’accès au crédit.
  • La comparabilité d’une année sur l’autre devient réelle : les mêmes comptes signifient la même chose, tout le temps.
  • Les obligations déclaratives s’appuient sur ces états financiers — une comptabilité bien tenue au format SYSCOHADA simplifie directement les démarches fiscales.

Pour aller plus loin

Le plan de comptes qui structure concrètement le SYSCOHADA est détaillé dans le guide Le plan comptable OHADA, classe par classe, et la lecture des documents de synthèse dans Lire un bilan et un compte de résultat SYSCOHADA.

Contenu fourni à titre informatif, sans valeur de conseil comptable ou juridique.